De prime abord, la mer peut sembler inoffensive, cependant, elle peut se transformer en un clin d’oeil en milieu totalement hostile. De ce fait, les bateaux de plaisance mesurant moins de 24 mètres de long qui doivent naviguer sur les eaux territoriales françaises sont contraints au respect de certaines normes de sécurité. Ces règles concernent notamment le matériel de navigation.

Les règles de base pour naviguer

Certaines normes qui encadrent le secteur de la navigation peuvent paraître élémentaires, toutefois de nombreux accidents en mer sont causés par le non-respect de ces consignes. Ainsi, le rappel reste toujours essentiel.

  • Le nombre de passagers : sur chaque équipement de navigation, est inscrit le nombre maximum de passagers. Cette information figure généralement sur une plaque et doit être respectée.
  • La météo : la vérification des prévisions météorologiques est à effectuer avant de prendre le large même s’il s’agit d’une petite escapade. Vous disposez pour cela d’un ensemble de moyens plus particulièrement l’affichage des bulletins de la météo en capitainerie.
  • Le matériel de sécurité : l’ensemble des équipements de sécurité doit être à bord du bateau et vous devez avoir connaissance de l’emplacement exact de chaque dispositif.
  • Le code de navigation : respecter le code de navigation revient à tenir compte des aspects tels que la limitation de vitesse, les plans de balisage des plages ainsi que les autres éléments du code.

Le matériel de sécurité obligatoire pour les bateaux de plaisance

Naviguer au large d’un bateau en toute sécurité implique le respect des obligations de la “Division 240” qui définit les dispositifs de sécurité requis pour tout navire de plaisance de longueur inférieure à 24 mètres. Ces équipements concernent la navigation pratiquée entre l’embarcation et l’abri. Un abri est un endroit situé sur la côte française au niveau duquel un navire de plaisance et les membres de l’équipage peuvent se mettre en sécurité pour reprendre la navigation par la suite sans assistance extérieure. Le concept d’abri varie par conséquent selon la nature de l’embarcation et de la météo. L’abri d’un petit bateau de promenade est forcément différent de celui d’un navire dont la longueur est estimée à plusieurs dizaines de mètres.

matériel de sécurité en mer

matériel de sécurité en mer

De ce fait, un abri se décline sous différentes formes comme une plage, un port ou un cirque. Néanmoins, il est possible de définir une liste spécifique des abris, car ils sont fonction de l’embarcation et de leur capacité à résister aux aléas climatiques du moment. Ainsi, il est à la charge du chef de bord de déterminer l’endroit adéquat qui peut servir d’abri. La réglementation actuelle définit 4 espaces de navigation qui dépendent de la distance entre le bateau et l’abri la plus proche. On distingue la zone basique pour les abris situés à une distance pouvant atteindre les 2 milles, côtière pour une distance de 2 à 6 milles, semi-hauturière qui désigne une zone dont la distance peut aller jusqu’à 60 milles et hauturière pour une zone distante de plus de 60 milles.

Les équipements requis par zone de navigation

Le matériel de navigation nécessaire pour un navire de plaisance est défini en fonction des 4 zones :

Basique : outillage lumineux, équipement individuel de flottabilité, matériel de lutte contre l’incendie, dispositif de remorquage, annuaire de marées, équipement d’assèchement manuel et un pavillon national ;

Côtier : tout le matériel nécessaire pour la zone basique plus un équipement de repérage et d’assistance pour personne à la mer, 3 feux rouges à main, les cartes marines officielles, un GPS côtier, un RIPAM et une description du dispositif de balisage ;

Semi-hauturier : ajoutez aux équipements obligatoires de la zone côtière un radeau de survie, un journal de bord, un matériel pour faire le point, un livre de feu mis à jour, un dispositif de renseignement des bulletins météorologiques, harnais et longue par navire (pour les non-voiliers) et par personne (pour les voiliers), une trousse de secours, un dispositif lumineux destiné au repérage de nuit et un VHF fixe ;

Hauturier : cherchez tout le matériel de la zone semi-hauturière en plus d’un VHF portatif et d’une radiobalise de localisation des sinistres.

Les équipements spécifiques à la sécurité en haute mer

L’acquisition d’un bateau de plaisance oblige le propriétaire à disposer d’un matériel obligatoire pour garantir sa sécurité et celle des passagers. Au-delà de l’équipement, d’autres aspects liés à la sécurité devront être maîtrisés, il s’agit des sujets notamment abordés au niveau des salons de nautisme. Ce guide s’intéresse donc à la sécurité en haute mer plus particulièrement aux appareils de signalisation, de détresse et de communication.

Les dispositifs de signalisation

Lorsque vous naviguez à bord d’un bateau, il est indispensable de disposer d’équipements appropriés pour visionner les autres navires, mais également de permettre aux embarcations de grandes tailles tels que les bateaux de croisière de vous voir. Pour le repérage des autres bateaux, il faudra vous servir d’un récepteur AIS, qui vous permet de naviguer plus sereinement. En ce qui concerne la signalisation de votre présence aux autres navires, les réflecteurs radars sont des dispositifs efficaces. C’est grâce à ces équipements que les navires à proximité détectent votre présence sur leur radar. Néanmoins, il faudra bien choisir votre modèle.

réflecteur radar passif

exemple de réflecteur radar passif – source : cartebateau.com

Les réflecteurs radars se déclinent en deux catégories : actif et passif. Les dispositifs actifs récents permettent aux navires de plaisance d’être visibles sur les bandes radars X(navigation côtière) et S(navigation en haute mer). Leur coût est cependant assez onéreux car leur fonctionnement nécessite un système d’alimentation électrique. Pour les réflecteurs radars passifs, ils fonctionnent sans alimentation électrique. Ils sont donc toujours opérationnels et moins coûteux, toutefois, leur signal est moins puissant. En complément, vous pouvez utiliser les appareils VHF dédiés, pour optimiser votre système de visibilité en communiquant avec les autres navires.

Les émetteurs-récepteurs VHF

La communication est un élément important pour la sécurité en haute mer. Les émetteurs-récepteurs VHF vous permettent de rentrer en contact avec les autres bateaux ainsi que les stations côtières. Grâce à ces dispositifs, vous pouvez obtenir des informations relatives aux bulletins météo et envoyer des messages de détresse lors d’un accident. Ces équipements sont classés en deux groupes : fixe et portable. Les VHF fixes sont adaptés à une communication nécessitant une portée importante. Cette portée est cependant limitée par la réglementation à 20 miles s’il s’agit d’un échange entre bateaux et à 40 miles pour une communication avec une station côtière.

exemple d'un émetteur-récepteur VHF fixe Navicom

Les appareils fixes doivent être connectés à un GPS ou un lecteur de carte pour signaler votre position en cas de détresse. L’installation d’un haut-parleur extérieur est également recommandé dans la mesure où votre VHF est rattaché au cockpit. En ce qui concerne les émetteurs-récepteurs portables, ils sont plus commodes d’usage grâce à leur autonomie, mais leur portée est faible soit 5 miles entre deux navires. De plus, leur autonomie est de courte durée (environ 8 heures au maximum). Cependant, il existe des VHF portables munis d’un support piles. L’avantage principal de ce type d’équipement est leur étanchéité qui permet une utilisation même en cas d’accident grave.

La balise de détresse

Les balises de détresses sont des appareils employés partout dans le monde pour des opérations de sauvetage en mer. Il existe deux types de balises : la balise de détresse Cospas-Sarsat, dite 406 MHZ et MOB. La balise de détresse Cospas-Sarsat qui émet sur 406 MHZ envoie un signal de détresse visible au niveau de l’ensemble des centres de sauvetages répartis sur le globe. Elle sert également pour le radioguidage lorsqu’elle est associée à un GPS en vue de simplifier la recherche d’un navire accidenté en mer. C’est le seul type de balise reconnu par le système mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM).

principe du système COSPAS-SARSAT

principe du système COSPAS-SARSAT

Pour garantir la sécurité des personnes à bord du bateau, cependant, la balise MOB qui signifie “Man Overboard” est recommandée. Cet équipement est en mesure de détecter la chute d’un homme à la mer et d’en informer l’équipage. Il ne figure pas dans la liste du matériel obligatoire, mais sa présence est un complément qui assure plus de sécurité aux passagers. Ces derniers sont munis d’une balise qui s’active au contact avec l’eau. De plus, le dispositif est doté d’une alarme sonore et lumineuse, d’un récepteur et d’un tableau de bord pour la gestion de l’ensemble des individus présent sur le bateau.

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